1. Accueil
  2. Moyen Âge
  3. Campagne de 1187 pour Jérusalem
  4. Hattin

Bataille

Hattin

4 juillet 1187

Une armée quitte l’eau, combat en marche, puis se défait entre Maskana et les Cornes.

Histoire militaire

Comment la privation d’eau, le harcèlement et la rupture de cohésion détruisent-ils l’armée royale à Hattin ?

Les 3 et 4 juillet 1187, l’armée du royaume de Jérusalem quitte les sources de Séphorie pour secourir Tibériade. Saladin ralentit sa marche et l’empêche d’atteindre une eau suffisante. Fatigue, tirs et désorganisation séparent peu à peu les fantassins des cavaliers. La capture du roi Guy et de la Croix laisse le royaume sans l’essentiel de son armée de campagne.

La marche est déjà un combat

La marche combattante repose sur une interdépendance concrète : l’infanterie et les tireurs tiennent les assaillants à distance pendant que les chevaliers avancent à la vitesse des fantassins. Le récit latin distingue l’avant-garde, le centre royal et l’arrière-garde ; quand la cavalerie accélère ou que l’arrière-garde est retardée, la protection cesse d’être continue.

Maskana : carrefour, citerne, choix contraints

Kedar place le carrefour de la voie romaine à 1,8 kilomètre au nord-ouest de Lûbiyâ, juste au sud de Khirbat Maskana. La Birkat Maskana pouvait conserver un peu d’eau, mais pas assez pour une armée entière : y camper n’était donc ni trouver une source abondante, ni choisir nécessairement un désert au hasard. De là, plusieurs axes pouvaient mener vers Kafr-Hattîn, Arbel ou le lac ; les sources ne s’accordent pas sur l’objectif du 4 juillet.

Une victoire construite

Les synthèses distinguent les divisions de Taqi al-Din, de Saladin et de Gökböri, mais nos récits recomposent leurs intentions après la victoire. Les Ayyoubides disposent de mobilité, d’eau portée au camp de Lûbiyâ et d’un approvisionnement en flèches ; ils doivent encore maintenir la pression, contenir les charges et exploiter les ruptures franques. La carte représente des secteurs d’action, à distinguer d’un piège mécanique qui se refermerait tout seul.

Le conseil de Séphorie nous parvient après le désastre

Le De Expugnatione fait d’abord conseiller à Raymond de rester près de l’eau, puis attribue le départ à une intervention nocturne de Gérard de Ridefort. Ce récit donne accès aux choix débattus, mais aussi aux accusations d’après-bataille. Les réévaluations de Morton et d’Ehrlich invitent à distinguer la mauvaise issue d’une décision qui n’était pas encore, le 2 juillet, condamnée par avance.

Histoire militaire

Sources

Source contemporaine indirecte, traduction universitaireDe Expugnatione Terrae Sanctae per Saladinum: The Battle of Hattin, 1187

Passage commençant « In the year of the Lord’s incarnation 1187 » (§25–28) pour le rassemblement, les composantes et les nombres revendiqués ; « On Thursday, July 2 » puis « Toward evening on Thursday, July 2 » (§32–39) pour Tibériade et le conseil de Séphorie ; « On Friday, July 3 » puis « Three miles from the city » (§40–43) pour la marche en trois corps, Marescallia, la halte qualifiée de sèche par l’auteur, les flèches et les feux ; « When day had dawned » (§44–53) pour la rupture entre fantassins et cavaliers, l’arrière-garde, les échappées et les captures.

Récit latin proche transmis en traduction universitaire : dilemme du conseil, ordre de marche, bivouac, feux, rupture de cohésion, échappées et captures. Sa lecture partisane des responsabilités et ses nombres ne sont pas repris comme verdicts.

Consulter ↗
Étude académique historico-topographique, texte intégralBenjamin Z. Kedar, The Battle of Hattin Revisited

The Horns of Hattin (1992), pp. 190–207. Dans l’édition HTML : paragraphes commençant « First, I gained knowledge » et « It follows that during the night » pour le carrefour romain, Maskana et la citerne ; « During the night » et « What was their objective? » pour le ravitaillement ayyoubide et la destination disputée ; « I believe it is impossible » à « arduous fighting continued » pour l’ordre incertain des épisodes, la sortie de Raymond, les murs des Cornes et les dernières charges.

Socle topographique et critique : routes, eau insuffisante à Maskana, objectifs possibles du 4 juillet, traditions divergentes sur Raymond et l’infanterie, fonction des murs antiques, contre-charges et limites de toute animation trop précise.

Consulter ↗
Source contemporaine indirecte, traduction universitaireDe Expugnatione Terrae Sanctae per Saladinum: Capture of Jerusalem by Saladin, 1187

Introduction éditoriale pour l’occupation successive des villes et châteaux en juillet–août ; passages commençant « The city of Jerusalem was besieged on September 20 » et « On Friday, October 2 » pour le siège, l’accord proclamé le 2 octobre et la remise de la ville.

Conséquence stratégique immédiate de Hattin : exploitation rapide contre les places du royaume et prise de Jérusalem au cours de la même campagne.

Consulter ↗
Chapitre académique, résumé éditorial et métadonnéesMichael Ehrlich, The Battle of Hattin: A Chronicle of a Defeat Foretold?

Journal of Medieval Military History, chapitre 2, pp. 16–32 ; résumé Cambridge Core, lignes thématiques 1–3 et paragraphe commençant « The working hypothesis » : climat, divisions de commandement et supériorité numérique ont compté, sans qu’aucun facteur suffise seul ; l’analyse porte ensuite sur leur exploitation par les tactiques ayyoubides.

Garde-fou contre les explications monocausales et le scénario de défaite écrite d’avance ; articulation entre contraintes franques et actions ayyoubides.

Consulter ↗
Monographie académique, résumé de chapitreNicholas Morton, Saladin and the Battle of Hattin

The Crusader States and their Neighbours: A Military History, 1099–1187 (Oxford University Press, 2020), chapitre 6, pp. 163–217 ; résumé du chapitre, phrases « The military abilities » à « reconsidered in the light of new evidence » pour la réévaluation de Guy et de ses décisions à Hattin.

Cadre historiographique récent : ne pas déduire l’incompétence de Guy du seul résultat ni convertir les accusations des récits en faits transparents.

Consulter ↗
Synthèse académique institutionnelleJoshua Prawer, Histoire du royaume latin de Jérusalem, trad. Gérard Nahon, tome I, chapitre IV : La bataille de Hattîn et l’année décisive

§16–18 pour le départ du 3 juillet, le Wâdî Rûmâna, Maskana, les deux routes, la perte de l’eau, la déviation vers Kafr-Hattîn et le camp entre Lûbiyâ et Kafr Maskana ; §19 pour le camp ayyoubide de Lûbiyâ et son ravitaillement ; §20 pour le plateau basaltique au pied du Nimrîn, l’attaque concentrée sur l’arrière-garde, l’arrêt, la chaleur, le vent, les incendies et la fumée ; §21 pour l’attaque de Raymond, Taqi al-Din, la fermeture du couloir, le groupe de Balian et le repli de l’infanterie.

Chronologie et reconstruction causale du 3–4 juillet, toponymie, contraintes d’eau et de terrain, feu et fumée, et mécanisme de la percée de Raymond.

Consulter ↗
Source cartographique institutionnelleJoshua Prawer, Histoire du royaume latin de Jérusalem, trad. Gérard Nahon, carte XXIII : Bataille de Hattin

Carte XXIII, p. 652 du chapitre IV : routes autour de Maskana, Lûbiyâ, Nimrîn et les Cornes ; variantes vers Kafr-Hattîn, la vallée d’Arbel, le wadi Hamâm et les eaux près de Majdal. Le commentaire cartographique précise que les routes ne sont pas deux mouvements simultanés.

Contrôle de la topologie et des repères de terrain ; les positions tactiques des formations sont une traduction schématique séparée.

Consulter ↗
Article académique de synthèseMatthew Bennett, The Crusaders’ ‘Fighting March’ Revisited

War in History 8/1 (2001), pp. 1–18 : pp. 1–3 pour la définition de la marche combattante et la coordination chevaliers–fantassins ; pp. 12–14 pour la formation, la vitesse imposée par les fantassins et la fragilité de la cohésion ; p. 18, n° 42 pour Kedar, les cartes de Hooper–Bennett et les trois « battles » de Hattin.

Cadre tactique de la marche combattante, distinction entre écran d’infanterie, cavalerie et maintien de la cohésion ; il ne sert pas à imposer une position précise aux unités de Hattin.

Consulter ↗
Monographie d’école d’état-major, travail de synthèse militaireAhmed Aly, The Egyptian Way of War: A Tradition of Excellence Confronts the 21st Century

School of Advanced Military Studies, chapitre 2 : pp. 30–31 imprimées (PDF pp. 34–35), section « The Battle of Hattin, The Battle for Water and Morale » pour les trois divisions — Taqi à droite, Saladin au centre, Gökböri à gauche —, l’ordre de marche de Raymond/Guy/Balian, le ralentissement de l’arrière-garde, le camp et la sortie de Raymond ; cartes 8–11, PDF pp. 83–86, pour la marche, la nuit, la fin de matinée et l’après-midi du 4 juillet.

Synthèse de contrôle sur la distribution des commandements, la place de Balian dans l’arrière-garde selon cette reconstruction, la séquence de percée et la capture de la tente royale. Les chiffres et les intentions rétrospectives ne sont pas repris comme certitudes.

Consulter ↗
Source musulmane tardive fondée sur des annales antérieuresFadl Allah al-Umari, récit musulman de Hattin dans Masalik al-absar

Extrait en ligne, paragraphes 7–9 : rencontre des deux armées, attaque de Raymond, Taqi al-Din qui ouvre ses rangs puis les referme, arrivée du comte à Tripoli, encerclement et liste des captifs. Le texte est une compilation du XIVe siècle fondée sur des auteurs antérieurs.

Contrôle indépendant du couloir ouvert puis fermé par Taqi, de l’échappée de Raymond et de l’encerclement final ; la composition exacte du groupe sorti n’est pas extrapolée.

Consulter ↗
Source cartographique universitaireBattle of Hattin: Map detail, The Land of Israel / Palestine Image Database

Notice institutionnelle de l’Image Database, description de la carte détaillée : plateau de bataille à l’ouest de Tiberias, Cornes de Hattin et extrémité nord-ouest du lac. Utilisée pour le contrôle d’orientation régionale. Un usage consacré à une attribution d’unité dépasse l’usage documentaire retenu ici.

Contrôle cartographique indépendant de la relation entre le plateau, les Cornes et le lac de Tibériade.

Consulter ↗

Édition : BattlesInMotion.com